Comprendre l'AAH et son calcul
L'AAH (allocation aux adultes handicapés) est une prestation versée par la CAF (ou la MSA pour le régime agricole) aux personnes en situation de handicap qui disposent de ressources modestes. C'est un minimum social : elle garantit un revenu à celles et ceux dont le handicap limite durablement la capacité à travailler. Elle n'est pas réservée aux personnes sans emploi : on peut la cumuler, dans certaines limites, avec un salaire.
Pour y avoir droit, il faut d'abord être reconnu par la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées), qui siège au sein de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). C'est elle qui fixe votre taux d'incapacité. S'ajoutent des conditions d'âge (à partir de 20 ans, parfois 16 ans), de résidence stable en France et de ressources.
Les deux portes d'entrée : le taux d'incapacité
Deux situations ouvrent droit à l'AAH. La première : un taux d'incapacité d'au moins 80 %. La seconde : un taux compris entre 50 % et 79 %, à condition de présenter une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi (la fameuse RSDAE), c'est-à-dire que le handicap rend l'accès à un travail très difficile pour une durée prévisible d'au moins un an. En dessous de 50 %, ou sans reconnaissance de la MDPH, l'AAH n'est pas accessible — d'autres dispositifs peuvent alors prendre le relais.
Comment se calcule le montant
Le principe est celui d'une allocation différentielle : la CAF part d'un montant maximum (le « taux plein ») et en retranche vos ressources prises en compte. En 2025, ce montant maximum est d'environ 1 016 € par mois pour une personne sans ressources.
Schématiquement :
AAH ≈ montant maximum − ressources prises en compte
Point clé depuis octobre 2023 : la déconjugalisation. Les revenus de votre conjoint, concubin ou partenaire de PACS ne sont plus comptés. Seules vos ressources personnelles entrent dans le calcul. Cette réforme a augmenté le montant versé à de nombreux allocataires vivant en couple, et c'est la logique appliquée par le calculateur ci-dessus.
Travailler tout en touchant l'AAH
L'AAH encourage l'emploi : les revenus d'activité ne sont pas déduits euro pour euro. Un abattement s'applique, si bien qu'une partie du salaire vient s'ajouter réellement à l'allocation. Concrètement, cumuler un emploi en milieu ordinaire (ou en ESAT) avec l'AAH augmente le revenu global, là où une pension « simple » réduit l'allocation plus rapidement. Le calculateur reproduit cette idée en appliquant un abattement aux ressources de type salaire, ce qui rend la part « prise en compte » plus faible que pour une pension du même montant.
Un exemple chiffré
Prenons une personne seule, taux d'incapacité ≥ 80 %, percevant 300 € par mois de pension. Avec un montant maximum de 1 016 €, l'AAH estimée ressort autour de 716 € par mois (1 016 − 300), pour un revenu total proche de 1 016 €. Si ces 300 € provenaient d'un salaire, l'abattement réduirait la part déduite et l'AAH serait plus élevée. À l'inverse, au-delà d'environ 1 016 € de ressources personnelles, l'AAH classique s'éteint (une AAH différentielle réduite peut subsister dans certains cas particuliers).
Comment faire votre demande
La demande d'AAH se fait via un dossier MDPH (formulaire Cerfa unique, avec certificat médical), à déposer auprès de la MDPH de votre département. Une fois le droit reconnu par la CDAPH, c'est la CAF (ou la MSA) qui calcule et verse l'allocation chaque mois. Pour estimer l'ensemble de vos droits avant toute démarche, utilisez le simulateur officiel de mesdroitssociaux.gouv.fr ou de caf.fr.
Vous faites le tour de votre budget ? Regardez aussi l'ensemble des calculateurs d'aides, ou convertissez une rémunération avec le calcul du salaire brut en net pour estimer les ressources à déclarer.