Comprendre le forfait mobilités durables
Le forfait mobilités durables (FMD) est un dispositif qui permet à un employeur de prendre en charge, en partie ou en totalité, les frais de trajet domicile-travail de ses salariés lorsqu'ils utilisent un mode de transport propre. L'idée est simple : récompenser ceux qui laissent la voiture individuelle au garage au profit du vélo, du covoiturage, de la trottinette ou des transports partagés, tout en allégeant leur budget mobilité.
L'intérêt fiscal est réel. Quand l'employeur verse ce forfait, la somme est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite d'un plafond annuel. Concrètement, c'est de l'argent qui arrive sur la fiche de paie sans être amputé par les prélèvements : c'est exactement ce que vérifie le calculateur ci-dessus.
Quels modes de déplacement sont éligibles ?
Le forfait mobilités durables couvre plusieurs modes de transport, à condition qu'ils servent au trajet domicile-travail :
- Le vélo, personnel ou en location, mécanique ou à assistance électrique ;
- Le covoiturage, que vous soyez conducteur ou passager ;
- La trottinette et les engins de déplacement personnel (en propriété ou en location, y compris en libre-service) ;
- Les transports en commun (hors part de l'abonnement déjà prise en charge à 50 %) et les services de mobilité partagée (autopartage de véhicules à faibles émissions, par exemple).
La prise en charge classique de l'abonnement de transport en commun (les fameux 50 % du Navigo ou de votre abonnement TER) reste, elle, obligatoire et fonctionne séparément. Le FMD vient en complément des autres modes plus « doux ».
Le plafond d'exonération : 700 € (900 € outre-mer)
Le cœur du dispositif, c'est le plafond d'exonération. En 2025, le forfait mobilités durables est exonéré d'impôt et de cotisations jusqu'à 700 € par an et par salarié en métropole. Dans les départements et régions d'outre-mer, ce plafond est relevé à 900 € par an. Tant que le montant versé reste sous ce seuil, il est intégralement net pour vous.
Si l'employeur verse davantage, la part au-delà du plafond n'est pas perdue, mais elle redevient imposable et soumise à cotisations, comme un complément de salaire. C'est pourquoi l'outil affiche deux montants : la part exonérée (plafonnée) et l'éventuel dépassement imposable.
Lorsque le FMD se cumule avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement de transports en commun, l'exonération s'apprécie dans une limite globale (en pratique 900 € par an, ou le montant du remboursement de l'abonnement s'il est supérieur). Le calculateur retient le plafond du forfait seul : pensez à vérifier votre situation si vous cumulez plusieurs prises en charge.
Un exemple concret
Karim vient travailler à vélo toute l'année. Son entreprise, située en métropole, a mis en place un forfait mobilités durables de 500 € par an. Comme 500 € est inférieur au plafond de 700 €, la totalité est exonérée : Karim touche 500 € nets, sans impôt ni cotisations. Si son employeur lui versait 850 €, alors 700 € seraient exonérés et les 150 € restants seraient ajoutés à son revenu imposable. À l'inverse, sa collègue en Martinique bénéficierait d'un plafond de 900 € : 850 € y seraient donc intégralement exonérés.
Un versement facultatif, à demander à l'employeur
Contrairement à la prise en charge de l'abonnement de transport, le forfait mobilités durables est facultatif : aucune loi n'oblige l'employeur à le verser. Sa mise en place passe par un accord d'entreprise ou de branche, ou par une décision unilatérale de l'employeur, qui en fixe le montant et les justificatifs (attestation sur l'honneur, justificatif de covoiturage, facture de location, etc.). Si votre entreprise ne le propose pas encore, rien ne vous empêche d'en faire la demande auprès du service RH.
Vous faites le point sur vos trajets ? Comparez avec l'indemnité kilométrique si vous utilisez votre voiture, estimez votre consommation de carburant, ou vérifiez l'impact sur votre salaire net.