Comment s'estime votre pension de base
La retraite d'un salarié du privé se compose de deux étages : la pension de base, versée par l'Assurance retraite (régime général), et la retraite complémentaire Agirc-Arrco, calculée en points. Ce calculateur estime uniquement le premier étage, celui qui repose sur une formule claire et trois paramètres : le salaire annuel moyen, vos trimestres et le taux.
La formule officielle
La pension de base annuelle se calcule ainsi, à partir du salaire annuel moyen (SAM), du taux (T) et de la durée d'assurance :
- Pension annuelle = SAM × Taux × (trimestres validés ÷ trimestres requis)
Trois leviers entrent donc en jeu : un salaire de référence, un taux qui plafonne à 50 %, et un rapport de durée qui pénalise une carrière incomplète. La pension mensuelle est simplement la pension annuelle divisée par douze.
Le salaire annuel moyen (SAM)
Le SAM est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire, revalorisées. Chaque année est retenue dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale : pour 2025, ce plafond est de 47 100 € (3 925 € par mois). Un salaire au-dessus de ce plafond ne fait donc pas monter le SAM — c'est précisément le rôle de la retraite complémentaire de prendre le relais sur la part supérieure.
Conséquence directe : la pension de base est plafonnée à 50 % du plafond, soit environ 23 550 € par an (1 962 € par mois) en 2025, même pour les très hauts salaires.
Taux plein, décote et trimestres requis
Le taux plein est de 50 %. Vous l'obtenez si vous réunissez tous vos trimestres requis — 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1965 — ou si vous atteignez l'âge du taux plein automatique (67 ans).
S'il vous manque des trimestres, une décote s'applique : le taux de 50 % est réduit d'environ 1,25 point par trimestre manquant, sans descendre sous un plancher d'environ 37,5 %. Et la décote n'est pas la seule pénalité : le rapport « trimestres validés ÷ trimestres requis » réduit lui aussi le montant. Une carrière incomplète est donc doublement pénalisée.
| Trimestres manquants | Décote | Taux retenu |
|---|---|---|
| 0 (taux plein) | — | 50,0 % |
| 4 trimestres | −5,0 pts | 45,0 % |
| 8 trimestres | −10,0 pts | 40,0 % |
| 10 trimestres et + | plancher | 37,5 % |
Exemple chiffré
Prenons un salaire annuel moyen de 30 000 € avec une carrière complète de 172 trimestres sur 172 requis. Le taux est de 50 %, le rapport de durée vaut 1 : la pension annuelle est de 30 000 × 0,50 × 1 = 15 000 € par an, soit 1 250 € par mois.
Avec le même salaire mais seulement 160 trimestres sur 172, il manque 12 trimestres : la décote ramène le taux à son plancher de 37,5 %, et le rapport de durée vaut 160 ÷ 172 ≈ 0,930. La pension tombe à 30 000 × 0,375 × 0,930 ≈ 10 465 € par an, environ 872 € par mois. La même carrière, écourtée de trois ans, coûte ici plus du quart de la pension.
Erreurs fréquentes
- Oublier la retraite complémentaire. Ce calcul ne donne que la base. Pour un salarié du privé, l'Agirc-Arrco ajoute souvent 25 à 50 % de pension en plus.
- Saisir un salaire net. Le SAM se raisonne en brut. Pour convertir, utilisez notre convertisseur salaire brut ↔ net.
- Confondre trimestres validés et trimestres cotisés. Les trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité) comptent aussi dans le total validé.
- Compter au-delà du plafond. La part de salaire au-dessus du plafond de la Sécurité sociale ne fait pas monter la pension de base.