Comment estimer ses revenus sur Spotify
Sur Spotify, le revenu d'un titre se résume à une multiplication simple en apparence : le nombre d'écoutes multiplié par un taux par stream. Mais ce taux n'est jamais fixe, et le montant calculé est un revenu brut généré par les écoutes, pas la somme que l'artiste encaisse réellement. Ce calculateur sépare donc deux questions : combien vos streams génèrent, et combien il faudrait de streams pour atteindre un objectif comme 1 000 €.
La formule du revenu Spotify
La logique tient en une ligne, à laquelle on ajoute le calcul inverse pour viser un objectif :
- Revenu brut = nombre de streams × taux par écoute.
- Streams pour 1 000 € = 1 000 ÷ taux par écoute.
Exemple : 1 000 000 de streams avec un taux moyen de 0,004 € donnent 1 000 000 × 0,004 = 4 000 € bruts. Avec un taux bas de 0,003 €, on tombe à 3 000 € ; avec un taux haut de 0,005 €, on monte à 5 000 €. Pour viser 1 000 €, il faut alors 1 000 ÷ 0,004 = 250 000 streams au taux moyen. C'est pour cela que le résultat s'exprime avant tout comme une fourchette.
Pourquoi le taux par stream varie autant
Spotify ne paie pas un prix unique à l'écoute. Le système répartit les revenus collectés (abonnements et publicité) entre les ayants droit selon leur part dans le total des écoutes. Le « taux par stream » que l'on observe — souvent entre 0,003 € et 0,005 € — n'est donc qu'une moyenne a posteriori, tirée vers le haut ou le bas par plusieurs facteurs :
- Le pays de l'auditeur. Une écoute depuis un marché à fort pouvoir d'achat rapporte davantage qu'une écoute depuis un marché où l'abonnement coûte moins cher.
- Le type d'abonnement. Les écoutes d'utilisateurs premium pèsent généralement plus que celles du palier gratuit financé par la publicité.
- La période. Le partage dépend des revenus totaux de la plateforme et du volume global de streams sur le mois.
- Les seuils d'éligibilité. Certaines écoutes très courtes ou des titres sous un certain volume annuel peuvent ne pas être rémunérés.
Du revenu brut à ce que touche l'artiste
Le chiffre le plus trompeur est le revenu brut. Entre les écoutes et le compte en banque de l'artiste s'intercalent plusieurs intermédiaires. Un distributeur ou agrégateur (qui place la musique sur les plateformes) prélève une commission ou un abonnement. Un label, s'il y en a un, prend une part contractuelle parfois importante. Enfin, les coauteurs, compositeurs et éditeurs se partagent les droits d'auteur. Selon les cas, la part réellement conservée peut aller d'environ 80 % en autoproduction à beaucoup moins sous contrat. C'est pourquoi le calculateur propose un mode « après part conservée » pour appliquer votre propre pourcentage.
Les erreurs fréquentes
- Prendre le taux moyen pour un prix garanti. Le paiement par écoute bouge d'un mois et d'un pays à l'autre : raisonnez toujours en fourchette basse / haute.
- Confondre revenu brut et revenu net. Le montant généré par les écoutes n'est pas ce que l'artiste encaisse : distributeur, label et coauteurs se servent avant lui.
- Oublier le partage entre ayants droit. Sur un titre coécrit, le revenu se divise entre plusieurs personnes, chacune selon sa part.
- Négliger la fiscalité. Ces revenus sont imposables. Pensez à les déclarer ; vous pouvez estimer l'impôt correspondant avec notre simulateur d'impôt sur le revenu.